Un restaurant peut résilier à tout moment après un an. Le frein n'est pas légal : c'est le bail, qui exige une attestation permanente.
Camille Lenoir Analyste assurance, 9 ans en courtageMis à jour le 30/10/20265 min de lecture
En une phrase
Une TPE résilie à tout moment après un an, sans frais — mais un restaurant locataire doit une attestation à son bailleur sans interruption, et c'est cette exigence contractuelle qui commande le calendrier.
Votre droit de résilier
Droits relevés le 30/10/2026 sur la fiche officielle « Assurances de la société ».
Situation
Droit
Texte
Moins de 10 salariés et moins de 2 M€
À tout moment après un an, sans frais ni pénalité
Articles L113-15-2-1 et L113-12-1
Au-delà de ces seuils
Préavis prévu au contrat, en général deux mois
Conditions générales
Contrat souscriptible en ligne
Résiliation en ligne obligatoire
Décret n° 2023-182, depuis le 1er juin 2023
Beaucoup de restaurants dépassent les seuils en effectif
Dix salariés sont vite atteints en saison. Le seuil s'apprécie sur l'effectif et sur le chiffre d'affaires ou le total de bilan : au-delà, c'est le préavis contractuel qui s'applique, en général deux mois avant l'échéance.
Ce qui contraint vraiment le calendrier
Exigences contractuelles à vérifier avant de résilier. Relevé le 30/10/2026.
Qui l'exige
Conséquence d'une interruption
Le bailleur
Manquement au bail, pouvant aller jusqu'à sa résiliation
Le prêteur, en cas de financement du matériel
Manquement au contrat de prêt
Le franchiseur, le cas échéant
Manquement au contrat de franchise
Les plateformes de livraison
Suspension du compte partenaire
Souscrivez avant de résilier, jamais l'inverse
Obtenez la nouvelle attestation, vérifiez qu'elle couvre bien les locaux et l'activité de restauration, puis résiliez avec une date d'effet calée sur le début du nouveau contrat. Un jour de décalage suffit à créer un manquement au bail.
Vérifiez le niveau de garanties exigé au bail
Certains baux commerciaux imposent des garanties ou des montants précis. Un contrat moins cher mais en deçà de ce que le bail exige vous met en défaut, même s'il est parfaitement légal.
Si aucun assureur ne vous accepte
Compétence du Bureau central de tarification : articles L212-1 (automobile), L125-6 (catastrophes naturelles), L215-1 et L215-2 (locataires et copropriétés), L243-4 (construction), L252-1 (responsabilité médicale). Relevé le 30/10/2026.
Risque
BCT compétent
RC des locataires et copropriétés
Inclus
Catastrophes naturelles
Inclus
Responsabilité civile automobile
Inclus
Multirisque professionnelle dans son ensemble
Non inclus
Le BCT couvre l'obligation du locataire, pas tout le contrat
Un seul refus suffit à le saisir, par lettre recommandée avec avis de réception, dans les quinze jours. Il peut alors imposer une tarification pour la responsabilité civile du locataire — donc pour satisfaire le bail —, avec une franchise plafonnée à 1 000 € par sinistre. Les garanties de biens et la responsabilité civile professionnelle restent à négocier.
Les risques du métier Intoxication, feu de cuisine, perte d'exploitation, panne de froid.Risques
Questions fréquentes
Un restaurant peut-il résilier son assurance à tout moment ?
Oui s'il est une TPE : moins de dix salariés et moins de deux millions d'euros de chiffre d'affaires ou de total de bilan, la résiliation est libre après un an, sans frais ni pénalité. Attention, dix salariés sont vite atteints en saison.
Puis-je rester quelques jours sans assurance ?
Si vous êtes locataire, non : l'assurance des locaux est obligatoire et le bail exige une attestation permanente. Une interruption est un manquement au bail, qui peut aller jusqu'à sa résiliation.
Dans quel ordre s'y prendre ?
Souscrivez le nouveau contrat, obtenez l'attestation, vérifiez qu'elle couvre les locaux et l'activité de restauration, puis résiliez l'ancien avec une date d'effet calée sur le début du nouveau.
Mon bail peut-il exiger plus que la loi ?
Oui. Beaucoup de baux commerciaux imposent des garanties ou des montants précis. Un contrat moins cher mais en deçà de ce que le bail exige vous met en défaut, même s'il respecte la loi.
Que faire si aucun assureur ne veut m'assurer ?
Un seul refus suffit : le Bureau central de tarification se saisit par lettre recommandée avec avis de réception dans les quinze jours du refus, et un silence de plus de quinze jours vaut refus. Il peut imposer une tarification pour la responsabilité civile des locataires, les catastrophes naturelles et la responsabilité civile automobile, mais pas pour l'ensemble d'une multirisque professionnelle.