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Pour cinq domaines d'assurance obligatoire, un refus d'assureur n'est pas le dernier mot : une commission publique peut imposer à cet assureur de vous couvrir, et fixer elle-même la prime. Pour tous les autres, elle n'y peut rien.
Taux et barèmes vérifiés le 30/10/2026 · prochaine revue de fraîcheur en octobre 2027
Le Bureau central de tarification se saisit par lettre recommandée avec avis de réception dans les quinze jours du refus, pour cinq domaines d'assurance obligatoire seulement. Un seul refus suffit, sauf en responsabilité médicale — deux — et pour les remontées mécaniques — trois. Relevé le 30/10/2026 auprès de l'Institut national de la consommation.
| Risque | Article | Refus exigés | Silence vaut refus après |
|---|---|---|---|
| Responsabilité civile automobile | L212-1, pour le risque de L211-1 | 1 | 15 jours |
| Catastrophes naturelles | L125-6, pour les risques de L125-1 et L125-2 | 1 | 15 jours |
| RC des locataires | L215-1 | 1 | 15 jours |
| RC des copropriétaires et des syndicats | L215-2 | 1 | 15 jours |
| Construction : décennale et dommages-ouvrage | L243-4, pour L241-1, L241-2 et L242-1 | 1 | 45 jours |
| Remontées mécaniques | L220-5 | 3 assureurs sollicités sans succès | Non précisé |
| Responsabilité civile médicale | L252-1 | 2 | 45 jours |
Le tableau en compte sept parce que l'Institut national de la consommation regroupe la construction avec les remontées mécaniques, et les locataires avec les copropriétaires et leurs syndicats. Ce sont bien cinq domaines de compétence, détaillés par risque pour que chacun trouve le sien.
C'est la limite à comprendre avant d'écrire : le Bureau n'intervient que là où la loi vous oblige à être assuré. Une responsabilité civile professionnelle ordinaire, une multirisque, un vol, un bris de machine, une perte d'exploitation, une mutuelle, une assurance emprunteur : aucun de ces refus ne se débloque par cette voie. Ils se négocient, au besoin par un courtier qui place les risques difficiles.
Elle ne pose un nombre de refus que dans deux cas : deux en responsabilité civile médicale, trois assureurs sollicités sans succès pour les remontées mécaniques. Partout ailleurs, le délai de quinze jours court « à compter du refus », au singulier. Attendre un second refus fait donc courir ce délai pour rien — mais la fiche ne l'écrit pas noir sur blanc, et c'est une lecture, pas une citation.
Un assureur qui n'accepte de couvrir l'obligation qu'à condition de lui vendre aussi des garanties facultatives est réputé refuser. C'est précieux : vous n'avez pas à démontrer un refus formel pour saisir le Bureau.
| Étape | Forme | Point à ne pas manquer |
|---|---|---|
| Réclamer l'imprimé de proposition d'assurance | Demande à l'assureur | Il ne peut pas refuser de vous le remettre — en deux exemplaires |
| Remplir le questionnaire de l'assureur | Sur son propre imprimé | L'assureur doit fournir son questionnaire |
| Envoyer la demande au siège social | Recommandé avec avis de réception, ou remise contre récépissé | Gardez le second exemplaire : c'est votre preuve |
| Demander un devis chiffré | Dans la même lettre | Prime et surprimes détaillées — l'assureur doit le fournir |
Sans demande en bonne forme adressée au siège, il n'y a pas de refus opposable, donc pas de saisine recevable. L'avis de réception est la pièce qui datera tout le dossier : c'est à partir de lui que se comptent les quinze ou quarante-cinq jours de silence.
Le refus que le Bureau examine est celui de l'entreprise, pas celui d'un agent. Si l'agence éconduit sans rien écrire, la bonne réaction n'est pas d'insister sur place mais d'envoyer la demande au siège.
| Pièce | Pourquoi |
|---|---|
| Le second exemplaire de la proposition d'assurance | Il prouve ce que vous avez demandé, et à quelles conditions |
| L'avis de réception de votre lettre | Il date le point de départ du délai |
| Le devis et la lettre de refus, s'ils existent | Ils montrent la position de l'assureur |
| Le relevé d'information de l'assureur précédent | C'est l'historique de sinistres que le Bureau examinera |
| Le dernier avis d'échéance | Il établit la prime que vous payiez |
| La carte grise et le permis, en automobile | Identification du risque et du conducteur |
| La décision de justice, en cas de condamnation pour alcool ou stupéfiants | Le Bureau en tient compte dans la tarification |
La saisine se fait par lettre recommandée avec avis de réception — ou par envoi recommandé électronique — dans les quinze jours du refus. En responsabilité médicale et pour les remontées mécaniques, le délai part du dernier refus. Un dossier incomplet n'est pas rejeté, mais il n'avance pas : la décision se compte à partir du dossier complet.
L'Institut national de la consommation annonce environ trois mois une fois le dossier complet ; la fiche Service-Public consacrée à l'automobile annonce environ deux mois. Ce sont des ordres de grandeur — avec une exception : en catastrophes naturelles, l'article L125-6 impose au Bureau de statuer dans un délai de trois mois. Là, le délai est légal.
| Point | Décision du Bureau | |
|---|---|---|
| La prime | Il la fixe, et l'assureur doit couvrir le risque à ce prix | |
| Le niveau de la prime | Pas forcément bas | Il garantit un contrat, pas un tarif avantageux |
| Les garanties facultatives | Non inclus | Vol, incendie, bris de glace, tous risques restent au choix de l'assureur |
| La franchise, en RC des locataires et copropriétés | Il peut en imposer une : 1 000 € pour un locataire, un propriétaire ou un copropriétaire | |
| La franchise, en syndicat de copropriété | 5 000 € ou 10 000 € selon la taille du syndicat, appréciée par l'article R250-4-3 | |
| L'indemnisation d'un sinistre passé | Non inclus | Ce n'est pas une instance de litige |
La fiche de l'INC le décrit par un nombre de lots, l'article R250-4-3 par un renvoi à la loi du 10 juillet 1965 qui combine un nombre de lots et un budget prévisionnel. Les deux lectures ne donnent pas la même borne, et nous n'en retenons aucune : un syndic qui en a besoin doit lire l'article, pas notre tableau.
C'est ce qui donne sa force à la décision : un assureur qui refuserait d'appliquer la tarification imposée s'expose au retrait de son agrément. En pratique, la décision est appliquée.
Le Bureau informe l'assuré et l'assureur de la prime qu'il a fixée. Répondez-lui par lettre recommandée avec avis de réception, puis payez la prime à l'assureur désigné : c'est ce paiement qui met la garantie en route.
| Voie | Ce qu'elle vaut | |
|---|---|---|
| Un courtier spécialisé sur les risques difficiles | La voie la plus efficace : il connaît les assureurs qui acceptent votre profil | |
| Revoir le périmètre demandé | Un refus porte souvent sur une activité accessoire : la déclarer à part peut débloquer le reste | |
| Accepter une franchise plus élevée | C'est le levier que l'assureur propose le plus souvent avant de refuser | |
| Demander par écrit le motif du refus | Il indique ce qu'il faudrait corriger : protections, antécédent, qualification du local | |
| Signaler une pratique à l'ACPR | Ne règle pas votre cas | Elle contrôle les pratiques, elle ne tranche pas les litiges |
C'est la raison d'être de cette procédure : tant qu'elle existe, l'absence d'assurance obligatoire ne peut pas s'expliquer par un refus du marché. Les sanctions du défaut d'assurance restent entièrement à votre charge pendant la saisine, qui ne vous couvre pas rétroactivement.